DIRTY THREE (AUS)

carreDirty Three est un groupe  instrumental formé en 1993 à Melbourne, Australie, par Warren Ellis (violon), Mick Turner (guitare), Jim White (batterie). On peut noter que Warren Ellis est un membre et des Bad Seeds de Nick Cave (depuis 1996) : une carte de visite non négligeable qui ne suffit pas pour autant à expliquer le statut de groupe culte de Dirty Three.

Signatures sur les prestigieux labels Touch and Go et Bella Union (label de Simon Raymonde de Cocteau Twins), tournées avec, entre autres, Sonic Youth, Pavement, Throwing Muses, Cat Power, Bonnie Prince Billy, Devendra Banhart, Shannon Wright…, le trio a soigné son parcours et a su continué à explorer tout au long de ses 7 albums et 14 années d’existence  différentes latitudes sans que jamais la lassitude ne guette (ni eux et encore moins l’auditeur). 

D’une beauté spectrale, Cinder, leur dernier album en date (2005), ne déroge pas à la règle. Seule « entorse  au règlement », ils se sont adjoints les services de Chan Marshall aka Cat Power qui habille de sa voix Great Waves, morceau charnière de leur dernier opus. Sur scène, Dirty Three se révèle d’une intensité rare, et les morceaux y prennent un nouvel atour, plus rageurs et soniques que leurs versions apaisées sur album, pour des concerts dont on garde longtemps un souvenir euphorisant.

carreArticle de Emmanuel Plane, Les Inrockupibles, 20 septembre 1995
"On ne devient pas mauvaise graine par hasard. Si Nick Cave avait cru bon de recruter le violoniste Warren Ellis, ex-Triffids, pour l'album et la tournée Let love in, c'est qu'il avait su voir en lui la beauté noire qui ouvre la porte des Bad Seeds. Ces mêmes qualités, on les retrouve aujourd'hui sur le premier album éponyme des Dirty Three, nouveau groupe d'Ellis. Un disque enregistré fin 93 dans l'urgence absolue et déjà rodé par une impressionnante série de premières parties. "Nous avons ouvert aussi bien pour Henry Rollins que Beck, les Beastie Boys ou John Cale. Quand on essuie les plâtres pour un artiste, on suscite souvent une haine féroce, toujours plus gratifiante que l'indifférence." Singulière, la musique des Dirty Three se résume à l'essentiel : un violon, une guitare et une batterie. De chanteur, il na apparemment jamais été question. Qu'importe : son absence ne fait absolument pas défaut. "Trois est le bon nombre pour jouer : chacun doit être beaucoup plus attentif à ce que font les deux autres. Chaque instrument a un rôle bien précis dans notre formule, ce n'est pas comme si l'un de nous se contentait de faire de l'accompagnement." Instrumentale, la musique du trio se garde bien d'être soporifique pour autant : les clairs-obscurs succèdent aux pleins feux, la douce déprime aux élans fougueux. Si certaines envolées lyriques évoquent les Tindersticks (Better go home) ou le Ry Cooder de Paris, Texas (Kim s dirt), le groupe maîtrise un ton et une texture parfaitement inédits. A la fois brute et raffinée, mélancolique et volontaire, la musique des Dirty Three se joue des contrastes comme de ses origines. Et repose la question : quel vent souffle, de Brisbane à Melbourne, pour inspirer à Nick Cave, à Chris Bailey et aux Dirty Three ce blues blanc et poisseux, distingué et loqueteux ?"

carreLabel : Bella Union
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DIRTY THREE