carreLA ROUTE DU ROCK - COLLECTION HIVER 2010
- Programmation
- Photographies de Nicolas Joubard
- "L'hiver va bien à La Route du Rock" par Stéphane Davet - Le Monde - 22 février 2010
- "La Route du Rock, on y était" par Thomas Burgel - Les Inrockuptibles - 21 février 2010
- Revue de presse

carrePROGRAMMATION

carreVendredi 19 février carreSamedi 20 février carreDimanche 21 février
carreL'Omnibus
Ouverture des portes 19H00
carreL'Omnibus
Ouverture des portes 19H00
 

01H40 TURZI
00H30 BEAK>
23H20 THE HORRORS
22H10 JACKIE-O-MOTHERFUCKER
21H05 BEACH HOUSE
20H00 FIERY FURNACES
19H00 MAGNETIC FRIENDS

01H30 CLARA CLARA
00H05 LOCAL NATIVES
22H40 THE TALLEST MAN ON EARTH
21H15 SHEARWATER
20H00 CLUES
19H00 MAGNETIC FRIENDS

 
carreL'Escalier Club
Ouverture des portes 00H00
carreL'Escalier Club
Ouverture des portes 00H00
 
02H30 MONDKOPF

02H30 KRIKOR

 



carreLa Chapelle Saint-Sauveur
Ouverture des portes 15H00
    16H55 WINTER FAMILY
16H00
THE TALLEST MAN ON EARTH
  carreLe Centre d'animation La Vallée "Salvador Allende"  
 

15H00 "LE KRAUTROCK" - CONFÉRENCE DE CHRISTOPHE BRAULT
17H30 "LES CONCERTS À EMPORTER DE LA BLOGOTHÈQUE" - PROJECTION


 

 

PHOTOGRAPHIES DE NICOLAS JOUBARD

carreThe Fiery Furnaces

carreBeach House

carreJackie-O-Motherfucker

carreThe Horrors

carreBeak>

carreTurzi

carreClues

carreShearwater

carreThe Tallest Man On Earth

carreLocal Natives

carreClara Clara

 

carreL'HIVER VA BIEN À LA ROUTE DU ROCK
par Stéphane Davet - Le Monde - 22 février 2010

L'annulation de dernière minute du concert prévu le 20 février de The XX, en raison de la mort du père de Romy Madley Croft, chanteuse et guitariste de la sensation britannique du moment, a légèrement plombé le lancement de l'édition hivernale du festival La Route du rock, organisée à Saint-Malo, du 19 au 21 février.

L'événement breton, donné à guichets fermés, devrait résister au préjudice causé par la perte de sa tête d'affiche. En France, seuls les Transmusicales de Rennes et le festival Les Inrocks, à Paris, peuvent rivaliser avec lui en termes de défrichage de l'avant-garde pop.

Réputé comme rendez-vous aoûtien, La Route du rock avait débuté en février 1991, avant de se transformer en rassemblement estival, organisé au fort Saint-Père, à partir de 1994. Le festival a souvent été bordé d'ornières financières (les trous budgétaires de 1998 ou de 2007). Mais soutenu par la municipalité et des festivaliers capables de mettre la main à la poche (7 000 euros de dons en 2008), l'événement s'est permis, depuis 2006, de se doubler d'une édition hivernale. "Cela répondait à la frustration de ne pouvoir accueillir certains artistes, tant la concurrence est forte l'été en Europe, explique François Floret, le directeur de La Route du rock. L'hiver, les groupes peuvent être plus accessibles."

Autre motivation, montrer aux élus et aux sponsors que le festival peut braquer des projecteurs sur la ville à la morte saison. En février, La Route du rock entre en salles, à L'Omnibus qui accueille mille personnes chaque soir dans des conditions de confort visuel et acoustique bien supérieures à celles des rassemblements en plein air. Pour la soirée d'ouverture, vendredi 19 février, la délicatesse mélodique de Beach House n'en pouvait être que valorisée.
Ce duo mixte de Baltimore (accompagné d'un batteur) vient de publier un troisième album de rêve, Teen Dream. Le guitariste Alex Scaly tisse des ambiances d'un onirisme stellaire. Au clavier et au chant, à l'autorité mystérieusement androgyne, Victoria Legrand noie son beau visage dans une longue chevelure. Née à Paris, elle a grandi dans une famille d'artistes. Un père peintre, Olivier Legrand, un oncle écrivain, Benjamin Legrand, un autre musicien célèbre, Michel Legrand. De là vient peut-être le raffinement de ses exaltations.

A la prétention intello de Jackie-O-Motherfucker, on préféra ensuite l'énergie post-ado de The Horrors. Après un premier album, Strange House, d'une noirceur gothique caricaturale, le second opus de ces Londoniens, Primary Colours, tempête avec panache entre pop spectorienne et post-punk lardé de fuzz. Yeux écarquillés, chevelure de bébé corbeau tombé du nid, le chanteur efflanqué et caverneux Faris Badman mériterait de figurer dans l'un des films Twilight.

Judicieusement, La Route du rock a programmé dans la foulée de The Horrors, Beak, le nouveau projet du producteur de Primary Colours, Geoff Barrow. Déjà passé à Saint-Malo quand il était bidouilleur en chef de Portishead, le DJ-compositeur a délaissé ses platines et les influences hip-hop pour une batterie et les mannes du krautrock. Accompagné d'un bassiste et d'un clavier-guitariste, fans comme lui des boucles hypnotiques des groupes allemands des années 1970 (Can, Neu), Barrow s'essaie pour la première fois au chant, comme on fredonne du fond d'une cellule capitonnée.

Stéphane Davet

carreLA ROUTE DU ROCK, ON Y ÉTAIT
par Thomas Burgel - Les Inrockuptibles - 21 février 2010

L'annulation de The XX n'y changera rien : l'affiche de la Route du Rock d'hiver à Saint-Malo met encore à l'amende la plupart des festivals, toutes saisons confondues. Après Beach House vendredi, Clues, les Local Natives et Clara Clara ont botté, samedi, quelques heureux popotins. 
Par Thomas Burgel

Saint-Malo, L'Omnibus, samedi 20 février
 
C’est à un combat majeur que nous assistons, en ce deuxième soir de Route du Rock divers, magnifiquement variée et définitivement devenue immanquable de saison. L’opposition, dantesque, de deux conceptions opposées de la musique –opposées mais également épatante, antagonistes mais toutes deux fascinantes, contraires donc passionnantes.

A ma droite, ouvrant le courage au tripes la belle soirée, tuniques qui ne paient pas de mine, les très attendus Clues. Clues représente le camp de la parfaite imperfection rock. On est fadas de l’album des Montréalais. On nous avait prévenus, de longue date : le groupe est immense sur scène. On y a cru, on a eu raison. Parfaite imperfection rock car les morceaux des Canadiens, habités, sont joués au nerf, à l’os, dans la rouille et la furie. Imperfection car ce qui semble couler de source dans le confort du salon révèle beaucoup plus clairement sur scène ses contre-pieds ahurissants, ses nuances extraordinaires, ses saillies surprises et illogismes apparents, ses excroissances à la lisière du naturel. Le groupe accélère jusqu’à la folie puis coupe subitement l’effort, explose puis caresse, montre très haut pour retomber avec grâce dans de sombres abysses, souffle le vent mauvais puis la douce brise, le tout dans une mécanique impeccable. Il invente, pour des yeux qui ne clignent même plus, des clairs-obscurs extrêmes dans lesquels on finit par se perdre définitivement. Il faut quelques minutes pour s’habituer à ce rythme, pour apprendre à tolérer d’être à ce point secoué, tripes et neurones, pour tenter de reprendre des marques qu’on ne retrouvera, c’est heureux, à peu près jamais –le groupe n’est pas signé sur Constellation pour rien. Il faut aussi quelques minutes au fascinant et acrobate chanteur Alden Penner, à son comparse batteur Brendan Reed et à leur redoutable petite entreprise –double batteur pou double bonheur- pour réchauffer le public. Qui finira abasourdi, à blanc, portera la formation en triomphe, logique, lui imposera même un encore formidable.

A ma gauche, jouant devant un public bouillant qui aura vite oublié l’absence de The xx, les Angelenos de Local Natives. L’opposition est radicale. Donc d’autant plus intéressante à observer. Car les Californiens sont, eux, l’expression concrète d’un autre phénomène tout aussi passionnant à observer : l’imparfaite perfection pop. Perfection pop car les morceaux qu’ils déroulent, en ligne sur scène et appuyés par un batteur de l’ombre, sont chacun de petits miracles de mélodies luisantes, une version musclée des Fleet Foxes que les harmonies vocales pourraient faire verdir de jalousie, des entrelacs impeccables, dessinés avec un soin maniaque, vernis de la première note à la dernière. Trop vernis, de premier abord : le groupe est, sur scène, si doué, sa mécanique et son jeu sont si bien rodés qu’on d’abord a du mal à pénétrer ses brillances, qu’on le trouve un peu trop lisse, un peu trop parfait. La perfection pop peut être une plaie. Mais l’impression initiale change vite : les chansons des Américains, comme celles de Clues, sont des poupées russes bourrées de petites stupéfactions, s’inventent de nouveaux chemins à chaque refrain, une nouvelle langue, leur vernis si brillant planque des épines acérées, le gentil chat est aussi capable d’arracher quelques oreilles de coups de griffes bien placés. Triomphe final aussi, mérité aussi.

Reste un cas, à part, qui clôt la soirée à l’Omnibus avant que les masses ne se déplacent à l’Escalier, le cœur léger et le bonheur aux lèvres, pour aller se frotter au set profond et obsédant de l’excellent Krikor. Le cas Clara Clara. Un cas dont on va beaucoup reparler – c’est une évidence. François Virot et ses ouailles jouent devant un public clairsemé, mais le spectacle vaut le coup d’œil et mérite ses acouphènes : noise, pop, furieuses, tordues, à la fois informes mais pleines de crochets pop impeccables, jouées à l’énergie nucléaire crasse, les chansons bac-à-sable de Virot & co trouvent sur scène un terrain de jeu plus formidable encore que sur l’impeccable Comfortable  Problems. Batteur-chanteur debout, ce n’est pas un détail pour nous, Virot impressionne par sa puissance, ses éructations vocales, la rage communicatrice qu’il emploie, l’impression follement enthousiasmante qu’il donne d’être un gamin frappant pour la première fois, en toute innocence et encore vierge de toute pollution, sur ses premiers instruments. Comme un gamin, démiurge rigolard, qui réinvente un univers complet, et les nouvelles couleurs qui vont avec.

Saint-Malo, L'Omnibus, vendredi 19 février
 
On pourrait sans doute griller quelques signes en parlant de l’exceptionnelle affiche de cette Route du Rock d’Hiver – de quoi rendre jaloux la plupart des gros festivals d’été. On pourrait, on devrait sans doute, passer pas mal de temps à analyser la prestation ambivalente de The Horrors. Se demander pendant des heures pourquoi elle nous laisse autant sur le cul que sur la faim, pourquoi les jeunes Anglais aux délires capillaires un poil ridicules donnent l’impression d’être les archétypes des groupes britanniques préfabriqués ; beaucoup de style, trop de style, un son impressionnant mais designé comme on dessine un business plan, une belle attitude rageuse sur scène, mais au final peu de vraies chansons.

On pourrait se pencher sur le cas, complexe, des très radicaux Jackie-o-Motherfucker. S’y pencher même aussi longuement que la troupe, bâtisseuse de longues longues looooongues cathédrales soniques, a mis pour apporter l’ultime flèche à leur construction ; le concert, long jam chirurgien et morceau aux formes indéfinies, a parfaitement clivé le public en deux, ceux qui ont réussi à pénétrer leur dédale pour s’y paumer gaiment, et ceux qui ont préféré aller s’alcooliser en attendant plus simple.

On pourrait aussi sans doute s’étaler sur la longueur sur Beak>, projet parallèle de Geoff Barrow de Portishead, kraut rock ciselé au cutter rouillé, sur la performance mi-physique mi-cérébrale des trois garçons, sur ce concert en pleine lumière qui laisse un goût d’enthousiasme métallique, et l’envie claire de se replonger sérieusement dans un album formidable. On pourrait aussi essayer parler des Fiery Furnaces, dont on avoue être moyennement fan, ou de Turzi, dont on est plutôt très très amateur, mais on aurait quelques difficultés ; pour diverses raisons tout à fait personnelles mais pas forcément excusables, on a du zapper les deux.
 
On pourrait faire tout ça. Mais on ne va pas. Car nous avons une mission bien plus importante à notre cœur. Nous devons, coûte que coûte, rétablir une vérité, crier une évidence : Beach House est une merveille, de celles qu’on ne croise que quelques fois par décennie, et le concert du duo plus batteur fut un rêve parfait. Rétablir la vérité car quelques amis, les malheureux, on les a d’ailleurs depuis répudiés, ont déclaré s’être méchamment enquiquinés pendant le set de Victoria Legrand et de ses ouailles. Pauvres hères. Ils n’ont rien compris. N’ont pas adhéré, l’esprit incapable de se lover dans les morceaux sublimes des Américains. Ils n’ont, pour certains, pas aimé, pas du tout aimé la prestation de Legrand.

Nous avons, pour notre part, été absolument fasciné, mentalement happés par le personnage, par son attitude passionnante sur scène. Une chanteuse naturelle, dure, pas commode-commode, qui semble frôler à chaque instant le vent glacé d’une violente colère, qui fixe quelques individus, dans le public, d’un œil pénétrant et inquisiteur, comme pour parachever une séduction sorcière. La voix garçonne et forte d’une lionne de glace mais la sensualité brûlante de Lucifer, la théâtralité minime d’une chanteuse exceptionnelle, qui sait offrir quelques courbes supplémentaires et traits au fusain aux morceaux du groupe, sans écraser la délicatesse infinie de leur composition.

Enserrés dans un décor de parasols du Pôle Nord, les morceaux de la maison de plage glacée, du récent Teen Dreams notamment, sont ainsi, sur scène, légèrement plus musclés, plus puissants que sur disque. Donc encore un peu plus obsédants. Amis, changez d’avis et faite comme nous : aimez Beach House et adorez Victoria Legrand. Elle pourrait, si ce n’était pas le cas, vous coller une baffe. Et si ce n’est elle, ce sera nous.

carreREVUE DE PRESSE

"Programmation pointue, public averti, le festival malouin reste fidèle à sa réputation d'artistes de la scène indépendante." Ouest-France, 23 février 2010

"Cinquième édition du festival de Saint-Malo, avec encore une très belle affiche à la pointe de l'actualité." Libération, 20 février 2010

"C'est chaque année, le même refarin mérité : on aime La Route du Rock, sa programmation maline et équilibriste, sa taille humaine et son ambiance formidable." Les Inrockuptibles, 4 février 2010

"Les festivals de musique ne sont pas réservés à l'été. Cette année encore, pop et rock se mêlent à Saint-Malo pour une programmation éclectique et rare." Marie-Claire, mars 2010

"La programmation est une nouvelle fois haut de gamme." Kostar, février 2010

 

 

FESTIVAL
LA ROUTE DU ROCK

COLLECTION HIVER
19.20.21 FÉVRIER 2010

SAINT-MALO
FRANCE